| Je me permets
de vous contacter car je suis à la recherche d'informations concernant
George Sand à Fontainebleau (éléments biographiques,
écrits...).
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| Fontainebleau est avant tout lié à George Sand par le fait que s’y déroule un moment important de sa relation amoureuse naissante avec Alfred de Musset. Quelques jours après le début de leur liaison, Sand et Musset se rendent à Fontainebleau. Ils y resteront du 5 au 13 août 1833.Il y a plusieurs explications possibles à ce départ précipité, la plus courante étant l’empressement d’un Alfred de Musset jaloux à éloigner George Sand de Paris où elle avait donné rendez-vous à un poète italien, Alessandro Poerio. Les notes de Georges Lubin dans la correspondance de George Sand permettent d’avoir de précieux renseignements sur leur logement : « Cette adresse est : Hôtel Britannique, rue de France à Fontainebleau. Cet hôtel disparu était au n°108… Le peintre Alexandre Decamps l’acheta pour l’habiter. C’est à Fontainebleau qu’il sera victime d’un accident mortel de cheval, le 22 août 1860… Situé au carrefour de la Fourche où commence la route d’Arbonne, cet hôtel était à environ une heure de marche des rochers de Franchard » (Correspondance de George Sand, tome II, notes, pp.397-398). Fontainebleau, et plus particulièrement les roches de Franchard, est un lieu presque mythique. Il semble en effet que ce lieu ait été la scène du paroxysme de la passion entre les deux écrivains, passion Passion toute romantique, mêlée de terreur, de promesses de suicide ensemble, … Une nuit, lors d’une promenade dans la forêt, Musset est victime d’une hallucination. Il la décrira dans son poème La nuit de décembre : LE POÈTE Du temps que j'étais écolier, Son visage était triste
et beau : Comme j'allais avoir quinze ans Je lui demandai mon chemin ; A l'âge où l'on
croit à l'amour, Il était morne et soucieux
; A l'âge où l'on
est libertin, Il secouait sous son manteau Un an après, il était
nuit ; Ses yeux étaient noyés
de pleurs ; Je m'en suis si bien souvenu, Lorsque plus tard, las de souffrir, A Pise, au pied de l'Apennin
; A Gênes, sous les citronniers
; Partout où, sous ces vastes
cieux, Partout où, sans cesse
altéré Partout où, le long des
chemins, Partout où j'ai voulu
dormir, Qui donc es-tu, toi que dans
cette vie Qui donc es-tu ? - Tu n'es pas
mon bon ange, Ce soir encor je t'ai vu m'apparaître. Je rassemblais des lettres de
la veille, J'enveloppais dans un morceau
de bure J'allais poser le sceau de cire
noire Oui, tu languis, tu souffres,
et tu pleures ; Partez, partez ! la Nature immortelle Mais tout à coup j'ai
vu dans la nuit sombre Qui donc es-tu, spectre de ma
jeunesse, LA VISION - Ami, notre père est
le tien. Je ne suis ni dieu ni démon, Le ciel m'a confié ton
coeur. (Poésies nouvelles)
Durant les longs mois de cette relation au cours desquels les deux écrivains se déchirèrent, Franchard revient comme le symbole des promesses folles. Ainsi, dans une lettre de Sand à Musset, écrite à la fin de janvier 1835, elle note :
Fontainebleau reparaît dans la vie de Sand en 1837. Cet été-là, à Nohant, Sand a probablement une brève aventure (attestée par Marie d’Agoult) avec l’acteur Bocage. A la fin du mois de juillet, elle retrouve le comédien à Fontainebleau, et ils descendent tous les deux dans ce même hôtel Britannique, où ils s’enregistrent discrètement sous les noms de M. et Mme Gratiot. Sand est bientôt contrainte de faire des allers-retours nombreux avec Paris, car sa mère est au plus mal. Après la mort de sa mère, Sand apprend que son époux, Casimir Dudevant, dont elle était séparée, aurait le projet de profiter de son absence pour enlever leur fils Maurice qui séjourne à Nohant. Alertée, Sand écrit au précepteur de ses enfants, Félicien Mallefille, pour qu’il conduise Maurice à Fontainebleau, auprès d’elle. Finalement, en septembre, c’est Solange, la fille de Sand, qui sera enlevée par Casimir Dudevant, et la romancière partira la rechercher à Guillery, dans la propriété de sa belle-famille. Sand séjournera encore une fois à Fontainebleau, en compagnie de son compagnon Alexandre Manceau, du 20 au 23 mars 1856. L’agenda qu’ils tenaient ensemble atteste de ce petit voyage.
Le site de Fontainebleau est également l’un des cadres de son roman La Filleule, qui paraît en 1853. Sand y donne une vision rustique et agréable de Fontainebleau où vit son héroïne, Anicée de Saule, au début de l’histoire. C’est essentiellement parce que ce lieu a été le théâtre d’un des épisodes les plus connus de la liaison Sand-Musset qu’il a une place à part dans la géographie sandienne. Sylvie Veys |