Cette édition est présentée par Nicole SAVY, chef du service culturel du musée d’Orsay qui enseigne actuellement à l’université de Paris VIII, et a été établie et annotée par Damien ZANONE, maître de conférence à l’université Stendhal de Grenoble, et spécialiste de la littérature du XIXe siècle.

GEORGE SAND
CONSUELO
LA COMTESSE DE RUDOLSTADT

Édition présentée par Nicole SAVY,
annotée par Damien ZANONE

Robert Laffont, coll. Bouquins, Paris, 2004,
1180 p., 13 x 19,5 cm, 29 €
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Consuelo et La Comtesse de Rudolstadt, ces deux romans, qui en réalité n’en font qu’un, forment une fresque unique dans l’œuvre de George Sand (1804-1876). Roman historique, roman noir, roman d’initiation, roman d’amour : jamais l’auteur ne s’est autant abandonnée à sa verve, convoquant, pour servir de décor aux aventures de son héroïne, toute l’Europe des Lumières qui est aussi celle des illuminés. Consuelo, petite bohémienne douée d’une voix splendide, est engagée à l’Opéra de Venise, en même temps que son fiancé Anzoleto. Mais après des débuts triomphants, trahie dans son amour, elle se retire en Bohême, où elle est accueillie comme répétitrice de chant au château des Géants. Cette vie calme est bientôt troublée par sa rencontre avec Albert de Rudolstadt, qui, atteint d’un mal étrange, revit l’histoire tourmentée de ses ancêtres hussites. Consuelo s’attache à le guérir, mais Albert tombe amoureux d’elle et veut l’épouser. Nouvelle fuite, à Vienne cette fois, en compagnie du jeune Haydn, puis à Berlin, où elle rencontre Voltaire à la cour de Frédéric II. Après les fastes d’une vie brillante, elle connaîtra la prison, puis la séquestration par la secte des invisibles et l’initiation aux rites maçonniques. Au terme de ces extravagantes péripéties, Consuelo retrouvera Albert et renouera avec sa passion de la musique.
Ce roman foisonnant justifie mieux que tout autre le jugement d’Alexandre Dumas sur l’auteur : « Génie hermaphrodite, qui réunit la vigueur de l’homme à la grâce de la femme ; qui, pareille au sphinx antique, vivante et mystérieuse énigme, s’accroupit aux extrêmes limites de l’art avec un visage de femme, des griffes de lion, des ailes d’aigle. »
Robert KOPP